Entre Nord et Sud pour certains skippers.

Au pointage de 18h ce mercredi, huit concurrents naviguaient dans l’hémisphère Sud. Yann Eliès est le huitième et dernier concurrent à avoir franchi l’équateur, à 14h19 (heure française). Preuve que ce huitième Vendée Globe est particulièrement rapide. 

Yann et ses sept prédécesseurs ont tous amélioré le précédent temps de référence détenu depuis 2004 par Jean Le Cam (en 10 jours et 11 heures et 28 minutes). Les prochains à naviguer « la tête à l’envers » seront Jean Le Cam, Thomas Ruyant et Jean-Pierre Dick. Demain matin, ces trois-là devraient avoir franchi la ligne symbolique.

Glisse et casse-tête météorologique

Les solitaires sortis du Pot au Noir sont sur orbite. Ils naviguent dans un alizé de Sud-Est bien établi. De belles journées de glisse sont à prévoir. Ces dernières 24 heures, le Britannique Alex Thomson a (encore) été le plus rapide avec pas moins de 432 milles parcourus. L’avance du skipper d’Hugo Boss sur ses deux premiers poursuivants, Armel Le Cléac’h (Banque Populaire VIII) et Vincent Riou (PRB) se stabilise à une soixantaine de milles. Sébastien Josse (Edmond de Rothschild) et Paul Meilhat (SMA) complètent un Top 5 dans lequel on trouve deux bateaux sans foils. Un peu plus en retrait, Morgan Lagravière (Safran) a gagné une place aux dépens de Jérémie Beyou (Maître CoQ). Les prochains jours s’annoncent rapides mais il faut déjà penser à la prochaine difficulté : le contournement de l’anticyclone de Sainte-Hélène qui est actuellement positionné très au Sud… Casse-tête à prévoir.

Le peloton dans le pot de colle

Les poursuivants, de Kito de Pavant (12e) à Alan Roura (25e) se débattent encore dans un Pot au Noir qui, s’il n’est pas très actif, est beaucoup plus étendu que lors du passage des leaders. Même le très enthousiaste Kito de Pavant en a sa claque. Voici ce qu’il nous disait en vacation cet après-midi : « Cela fait déjà un moment que je suis dans le Pot au Noir et je commence à en avoir marre. Je connais bien cette zone, cela fait quelques décennies que je la traverse. Je ne m’y fais pas. Ce n’est pas un endroit où mettre des bateaux à voile ! C’est lugubre, il y a une lumière de fin du monde. Ça n’avance pas. » Ambiance… Louis Burton, Bertrand de Broc, Arnaud Boissières et la plupart des autres concurrents en deuxième partie de tableau sont eux aussi sous l’influence du Pot au Noir et progressent au gré des grains. Tout le monde a ses lièvres et les premiers ne sont pas les seuls à cravacher. Alan Roura, 25e au pointage de 18h ce mercredi, pousse fort son bateau mis à l’eau en 2000 : « Me voilà à l’attaque, encore une fois. Je ne lâcherai pas les trois bateaux qui sont devant mon étrave ! La Fabrique est très stable et glisse, elle fend la mer. Je suis en plus de ça à 110% des polaires du bateau d’à l’époque de Bernard Stamm ! »

Passages à l’équateur :
1-Alex Thomson : 9j 07h 02’
2-Armel Le Cléac’h : 9j 09h 56’ à 2h 54’ du leader
3-Vincent Riou : 9j 10h 24’ à 3h 22’ du leader
4-Sébastien Josse : 9j 12h 01’ à 4h 59’ du leader
5-Paul Meilhat : 9j 12h 49’ à 5h 47’ du leader
6-Jérémie Beyou : 9j 16h 49’ à 9h 47’ du leader
7-Morgan Lagravière : 9j 17h 30’ à 10h 28’ du leader
8-Yann Eliès : 10j 01h 17’ à 18h 15’ du leader